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Le premier sexe - Eric Zemmour

Eric Zemmour
Le premier sexe
extraits

« Privé de ses propres mots, l’homme (mâle) a été peu à peu privé d’une pensée propre. La machine est rodée. Implacable. D’abord, on ne lui parle que de grands principes, d’universel, d’humanité : il n’y a plus d’hommes, il n’y a plus de femmes, rien que des êtres humains égaux, forcément égaux, mieux qu’égaux, identiques, indifférenciés, interchangeables. Le discours qui confond ses propres valeurs avec celles de l’humanité est celui de toutes les puissances dominantes, de l’Empire romain jusqu’à la grande nation, du bon temps des colonies jusqu’à l’american way of life.

« Des hommes avec ou sans majuscule au temps d’une société patriarcale. Et puis, dans un second temps, on suggère la supériorité évidente des “valeurs” féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l’autorité, la paix sur la guerre, l’écoute sur l’ordre, la tolérance sur la violence, la précaution sur le risque. Et tous, hommes et femmes, surtout les hommes, de communier dans cette nouvelle quête du Graal. La société unanime somme les hommes de révéler la “féminité” qui est en eux. Avec une bonne volonté confondante, suspecte, malsaine, les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour réaliser ce programme ambitieux : devenir une femme comme les autres. Pour surmonter enfIn leurs archaïques instincts. La femme n’est plus un sexe mais un idéal » ( p. 10 et 11).

« En 1974, lors de la crise pétrolière, les autorités françaises ont hésité entre le renvoi dans leur pays de ceux dont on n’avait plus besoin dans nos usines et l’accueil de ces futurs chômeurs. Nous avons choisi la solution “humaniste”.

« Notre société féminine ne supportait pas la cruauté de la rupture. Nous avons refusé la solution d’hommes, qui renvoient ceux qu’ils considèrent inconsciemment comme des rivaux dans la compétition pour la conquête des femmes. Nous avons préféré la douceur d’une solution féminine, l’accueil, l’intégration.

« Ce mot devint incantation, religion, conjuration. Il remplaça le modèle traditionnel français de l’assimilation. Renoncer à assimiler les immigrés et leurs enfants, c’était renoncer à leur imposer virilement – notre culture.

« Devant cette ultime preuve de faiblesse française, si féminine, les enfants de ces immigrés préféreront renouer avec la loi de leur père idéalisé, les venger. Leur mère les approuvait. Ils seraient leur revanche. Pour cela, ils transgresseront allégrement la loi française, cette marâtre qu’ils haïssent. Ils seront, eux, des hommes, dans cette société de “zessegon”. Ils vont “niquer la France”. La France, cette femme, cette “salope”, cette “putain”.

« Eux, les hommes. Ils vont brûler, détruire, immoler les symboles de sa douce protection maternante, les écoles, les transports en commun, les pompiers. Ils vont caillasser les seuls hommes qu’elle leur envoie pour la défendre : les policiers. Ces flics qu’ils “haïssent”. Les seuls qui osent les affronter encore dans un combat entre hommes. Un combat où est en jeu la domination virile. Un combat qui ne peut être qu’à mort » (p. 116 et 117).

« C’est tout le paradoxe féminin. Les femmes conduisent quand la vitesse est limitée ; elles fument quand le tabac tue ; elles obtiennent la parité quand la politique ne sert plus à grand-chose ; elles votent à gauche quand la Révolution est finie ; elles deviennent un argument de marketing littéraire quand la littérature se meurt ; elles découvrent le football quand la magie de mon enfance est devenue un tiroir-caisse.

« Il y a une malédiction féminine qui est l’envers d’une bénédiction. Elles ne détruisent pas, elles protègent. Elles ne créent pas, elles entretiennent. Elles n’inventent pas, elles conservent. Elles ne forcent pas, elles préservent. Elles ne transgressent pas, elles civilisent. Elles ne règnent pas, elles régentent. En se féminisant, les hommes se stérilisent, ils s’interdisent toute audace, toute innovation, toute transgression. ils se contentent de conserver.

« On explique en général la stagnation intellectuelle et économique de l’Europe par le vieillissement de sa population. Mais Cervantes écrivit Don Quichotte à soixante-quinze ans ; de Gaulle revint au pouvoir à soixante-huit, et le chancelier allemand Adenauer à plus de soixante-dix. On ne songe jamais – ou on n’ose jamais songer – à sa féminisation » (p. 128 et 129).

« Comme tous les petits mâles depuis le début de l’Humanité, les jeunes Arabes ont peur des femmes. Peur de ces machines à castrer, peur de ne pas être à la hauteur de leur appétit qu’ils espèrent et craignent insatiable. Autour de la Méditerranée, on règle depuis toujours cette peur de la féminité en exprimant une virilité exacerbée, surjouée, et en dissimulant les attraits de la sensualité féminine, cheveux et chevilles, poitrines et hanches, sous des vêtements amples, informes. Nos Arabes réagissent ainsi. Les plus religieux obligent leurs sœurs à se voiler; les autres exigent des filles qu’elles portent les mêmes vêtements qu’eux, survêtements, tennis. Ainsi, grimées en garçons, elles leur font moins peur.

« Si elles persistent à se vouloir féminines, à vouloir leur faire peur, à mettre au défi leur virilité incertaine et fragile, alors, pour pouvoir les désirer, pour être sûr de bander, ils appliquent l’autre méthode masculine, le plan B des hommes depuis l’Homo sapiens, l’irrespect militant, d’autant plus furieux, violent même, qu’il est inquiet. Seules la “salope”, la “pute” peuvent réveiller le désir fragile du mâle » (p. 113 et 114).

« Deux siècles pour ça. Ces chiffres ne sont pas sans conséquence sur le destin de nos pays. Les plus grands démographes nous alarment quant au devenir de l’Allemagne ou de l’Italie, le peuplement de ce dernier pays devant tomber à vingt millions de personnes d’ici quelques décennies seulement. Depuis trente ans, on s’extasie sur la maîtrise parfaite, entre contraception et avortement, de la fécondité par les femmes.

« On ne dit jamais que la fin de cette histoire est funeste, qu’elle se conjugue justement avec la fin de l’histoire, avec la disparition programmée des peuples européens. Comme si un spectre hantait cette féminisation des sociétés occidentales, qui commença sous de si riants auspices, comme si cet appel à la vie, à l’amour, make love not war, devait finir tragiquement par la disparition collective. Comme si le mâle était maudit, et retrouvait in fine cette mort qu’il ne voulait plus donner.

« Symboliquement, tout s’est passé comme si les vieux peuples fatigués renonçaient à se reproduire eux-mêmes et appelaient à la rescousse des plus vigoureux, plus juvéniles. Tout s’est passé comme si les hommes français et européens, ayant posé leur phallus à terre, ne pouvant ou ne voulant plus féconder leurs femmes devenues rétives, avaient appelé au secours leurs anciens “domestiques” qu’ils avaient émancipés. Tout s’était passé comme si la France, et l’Europe, devenue uniformément femme s’était déclarée terre ouverte, attendant d’être fécondée par une virilité venue du dehors » (p. 106 à 108).

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Musique

En relation avec ces extraits du livre Le premier sexe d’Eric Zemmour, nous vous proposons la chanson ci-dessous. Pour la décharger plus rapidement et la conserver : clic droit, puis sélectionner dans le menu déroulant « Enregistrer la cible sous... » : Paul de Maison Neuve - A l’enterrement de Lilith (4’ 05, 320 kbps, 9,4 Mo).

Paroles et musique
de  
Paul de Maison Neuve

A L’ENTERREMENT DE LILITH

1   Bien sûr, on dit qu’elle était superbe,
Elle avait tout pour étonner.
Elle aurait pu être un nouveau Verbe,
La fille d’un Dieu réinventé.

C’était toujours avec le sourire
Et tell’ment d’amour dans les yeux
Qu’elle nous suppliait de la servir,
Qu’on est tous entrés dans son jeu.

Il s’était mis à lui pousser des ailes,
Jamais elle ne fut si belle.
Alors elle s’est envolée,
Et puis elle est retombée.

Refrain   Le jour où Lilith était enterrée,
Je n’ai pas pleuré.

2   On lui connaissait beaucoup de filles
Dont elle n’était pas la maman.
Et plus s’agrandissait sa famille,
Et moins il y avait d’enfants.

La nature ayant horreur du vide,
D’autres enfants vinrent de partout.
Et quand ils furent grands forts et solides,
Elle s’en inquiéta tout à coup.

Elle essaya de les appeler « Frères »,
Mais, eux, ils la méprisèrent.
Lorsqu’elle leur tendit les bras,
Ils en rirent tous aux éclats.

Au refrain.

3   On la croyait pourtant invincible,
Elle commandait à des armées,
Et elle faisait des guerres si terribles
Que le monde tremblait à ses pieds.

Mais elle rendit jalouses bien des femmes
Qui décidèrent de se venger.
Puisque trop d’hommes aimaient cette Dame,
Elles durent elles-mêmes s’en charger.

Celle qui le fit vivait seule dans un rêve,
Une tour où tout s’achève.
Elle s’appelait Fatima,
Et ce fut elle qui la tua.

Au refrain et fin.

Grille

Capodastre 2ème case (la vraie tonalité du morceau est la majeur mais la grille est en sol majeur pour le jeu de guitare. Le premier doigté de l’accord de sol majeur est celui qui laisse les cordes 3 et 4 à vide avec le petit doigt sur la 3ème case de la 5ème corde pour le bourdon en ré, la chanterelle ou 6ème corde n’étant pas jouée).

Tempo :

Intro :
(13)

Couplet :
(24)



Refrain :
(5)
Fin :
(1)
Structure :


Durée :

4/4, 100 bpm, folk-ballad.

G / G/F# / | G/F / G/E / | D / D/C# / | C / G/B / |
G7 | C | Cm | G | G / Bm/D / | B / Em / | C / D /| G | G |

G | Am7 / G / | Bm7 | C | D | C / G | Bm/D / Em /| D |
G | Bm7 | C | D | C | G | Em | D |
G / G/F# / | G/F / G/E / | D / D/C# / | C / G/B / |
G7 | C | Cm | G |

G / Bm/D / | B / Em / | C / D / | G | G |

G.

intro / couplet 1 / refrain / couplet 2 / refrain /
couplet 3 / refrain / fin.

13 + ((24 + 5) x 3) + 1 = 101 m 4/4 à 100 bpm = 4’ 04.

- Vidéo directe : Paul de Maison Neuve - A l’enterrement de Lilith

Paul de Maison Neuve - A l’enterrement de Lilith.

Voir le site Musique.

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